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le sicilien du printemps


j’ai décroché la date de concert avec roberto alagna pour la clôture du printemps de pérouges.
c’est un peu une consécration dans la vie d’une jeune organisatrice de festivals, passionnée par l’opéra et par la voix.
aujourd’hui, lundi 4 mai, j’ai rendez-vous avec roberto alagna, un des plus talentueux et charismatique ténors du monde lyrique actuel.

15h30. Nous sommes tous les trois avec rémi (à la caméra) et anne (son attachée de presse) devant l’entrée d’universal france, guettant son arrivée d’un instant à l’autre.
j’adore ce moment d’attente, où l’excitation est à son comble, où l’heure s’arrête de tourner parce qu’on sait qu’on est dans un moment rare et unique.

il arrive dans une berline noire aux vitres teintées, sort de la voiture avec panache et élégance.
c’est lui.
c’est roberto alagna, ce mélange «d’homme-torero», de «gladiateur-chanteur» des arènes de l’opéra, de star au sourire désarmant et terriblement communicant, à la démarche assurée et souple à la fois … il a de l’allure et il est l’un des plus grands ténors de la planète !

pendant 30 minutes, il va se prêter au jeu de la «promo» avec sympathie et enthousiasme, et notamment répondre à quelques questions autour de sa vie de chanteur lyrique, et de sa prochaine venue, le 1er juillet, au printemps de pérouges.

marie rigaud: roberto alagna, vous connaissez déjà un peu lyon, quelles sont vos références dans cette ville ?

roberto alagna: oui, je suis déjà venu plusieurs fois et surtout à l’opéra national de lyon dans différentes productions.
je retiens notamment l’elixir d’amour avec ma femme, la chanteuse lyrique angela gheorghiu et puis l’enregistrement dvd de la version la plus longue des contes d’hoffmann, et aussi la magnifique version de lucia di lamermoor avec natalie dessay.
j’ai séjourné plusieurs fois dans le vieux lyon que j’ai beaucoup aimé pour ses pavés et son caractère, sans oublier les «petits bouchons», les bonnes petites tables typiques du quartier : j’aime la «bonne bouffe» et les endroits authentiques loin d’autres établissements parfois plus clinquants …
je n’ai hélas pas trop de temps pour faire des parcours gastronomiques … je ne suis que de passage dans les villes.

marie rigaud: justement, vous serez là 3 jours avant votre concert. si je vous invite à découvrir une bonne adresse culinaire, vous venez ?

roberto alagna: avec plaisir !

marie rigaud: au sujet de votre accueil en juillet prochain, vous êtes plutôt habitué au grand standing et par exemple à ce que l’on vous véhicule dans de belles cylindrées. j’ai une smart comme véhicule-festival. ça vous irait quand même ?

roberto alagna: bien sûr et au contraire !
cette petite voiture est très sympa. ça m’amusera beaucoup d’être votre co-pilote dans lyon !

marie rigaud: roberto, vous êtes un habitué de toutes les grandes scènes lyriques de la scala de milan, au met de new york, en passant par covent garden à londres. est-ce qu’il y a une maison dans laquelle vous vous sentez particulièrement chez vous ?

roberto alagna: dans tous ces temples de l’art lyrique, je me sens chez moi !
j’aime l’atmosphère de ces théâtres où l’on chante de l’opéra. j’aime aussi la «poussière» que l’on peut sentir dans les cintres, dans les «couloirs-labyrinthes » de ces maisons dans lesquelles des légendes de l’art lyrique ont chanté et «rôdé». j’ai parfois d’ailleurs la nostalgie des loges anciennes et mythiques de covent garden. aujourd’hui, tout est flambant neuf et parfois trop fonctionnel.
je ne me lasse jamais de rentrer sur la scène de ces «opéras de rêve», comme on entre sous les feux des projecteurs face à un public passionné, connaisseur et exigeant. et puis, je suis un romantique avant tout. c’est pour cela que je fais ce métier.

marie rigaud: vous aimez l’opéra et ses livrets romantiques et vous êtes également sensible à d’autres esthétiques musicales, comme la pop musique. quelle musique écoutez-vous en ce moment ?

roberto alagna: ce matin , j’ai écouté dean martin dans ma voiture : j’étais de bonne humeur et je me sentais subitement transporté dans une autre époque et c’est ce qui me plaît dans la diversité musicale : le dépaysement.
le «swing manouche» de birelli lagrène me parle beaucoup aussi et me permet de m’évader de mon monde musical un peu lourd en ce moment : je prépare 4 rôles différents dans 4 langues différentes ; mes soirées sont très studieuses.
dans mes projets artistiques futurs, j’ai une rencontre prévue avec michael bublé (le nouveau crooner canadien) et laura pausini … j’aime l’entertainment, me divertir au spectacle et donc tous ces «show man» à la franck sinatra !

marie rigaud: vous êtes l’invité du printemps de pérouges, festival original autour de la voix. que viendriez-vous voir dans notre programmation ?

roberto alagna: je viendrais tout voir bien sûr !
al jarreau pour la performance vocale, liane foly pour son talent d’imitation, stanislas parce que c’est un ami de calogero qui est aussi un sicilien, les polyphonies basques absolument pour la force et le lyrisme des voix. craig adams, ça va décoiffer aussi.. !
en plus, c’est la 13 ème édition de votre festival …
ça va vous porter bonheur …


marie rigaud, directrice sur festival